Quel est le dieu de votre entreprise?

Mythologie grecque et management

La mythologie grecque nous a légué un trésor de sagesse.  C’est un gisement inépuisable pour qui veut saisir encore aujourd’hui certaines subtilités du quotidien au travail et comprendre les mécaniques intemporelles des cultures  organisationnelles. Mais comme l’affirmait Albert Camus dans un de ses essais : « Les mythes n’ont pas·de vie par eux-mêmes. Ils attendent que nous les incarnions. Qu’un seul homme au monde réponde à leur appel, et ils nous offrent leur sève intacte »[1].

C’est à cette tâche que s’est attelé le professeur de la London School of Business Charles Handy dans Gods of Management : The Changing Work of Organisations. Il y convie les dieux Apollon, Athéna, Dionysos et Zeus pour illustrer quatre cultures qu’une organisation peut être amenée à adopter.

 

Zeus – Le leader dynamique et entreprenant

Il est le roi et le père des dieux et règne sur le temps, la loi, l’ordre et la justice. Dans la mythologie grecque, il est le plus puissant et le plus fort de tous. La culture organisationnelle inspirée par Zeus repose sur un leadership fort et dynamique avec un esprit entrepreneurial prononcé. Toutes les lignes de communication viennent de lui et vont vers lui, un mode de fonctionnement simplex, qui laisse peu de place à l’échange et à la délibération. Le leader prend toutes les décisions et agit généralement rapidement après avoir diffusé sa vision des choses. Ce style de gestion peut être une force dans un environnement commercial en évolution rapide. Cependant, la faiblesse d’un tel système est de taille, car le succès repose sur les épaules d’un chef charismatique.

Apollon – Représentation de la culture bureaucratique

” La culture des rôles et procédures ” est représentée par Apollon. Un esthète qui veille sur l’ordre et les règles, ainsi que les arts, la connaissance et la guérison. Dans ce type d’organisation, on suppose que les gens sont rationnels et que les rôles sont clairement définis et remplis selon des procédures clairement définies.  Les membres du personnel sont définis par leur poste plutôt que par leur personnalité. Dans ce type d’organisation le leader est un sondeur : pour prendre des décisions rationnelles, il sollicite des rapports et des comptes-rendus. Cela crée un climat de stabilité et de certitude, et c’est la principale force de cette culture. Cependant, encore une fois, il y a une faiblesse – la capacité de s’adapter rapidement ou de générer du changement.

 

Dionysos – La déité de « la culture existentialiste »

Le troisième dieu, Dionysos, est le dieu du vin, des fêtes et des festivals. Dans cette organisation, qui adopte ce qu’on appelle une ” culture existentielle “, l’organisation sert l’individu. Il s’agit de groupes de professionnels (avocats, consultants, etc.) qui travaillent ensemble, souvent sans chef clairement identifié. Elle exige un haut niveau de coordination pour fonctionner, et un petit noyau de personnel confie le travail à des professionnels et à des spécialistes, qui n’interviennent que lorsque leurs compétences particulières sont requises. Ce type d’organisation est de plus en plus courant avec l’uberisation de l’économie et la place qu’ont pris les milléniaux dans le monde du travail. Cette culture organisationnelle présente l’immense inconvénient de ne pas encourager l’implication au travail.

 

Athéna- La déesse de l’intelligence collective

En tant que déesse de l’intelligence et de la sagesse, Athéna représente, selon le professeur Handy, une ” culture de la tâche “. Dans ce type d’organisation, le leader a un rôle de meilleur, il s’occupe essentiellement de connecter les neurones au sein de l’organisation en utilisant une communication triplex. L’organisation fait appel à toutes ses ressources dans leur diversité pour répondre aux besoins actuels. Elle crée souvent des groupes de travail, des sous-comités, des cellules de réflexion et des instances d’étude sur une base ad hoc et présente un avantage particulier lorsque la flexibilité est requise. L’organisation se considère comme une entité qui dépasse la somme de ses parties.

 

Bien qu’il s’agisse d’un exercice divertissant et amusant, qui consiste à comparer votre organisation à ces dieux ou ” cultures “, le message central est important : pour être un gestionnaire ou un leader efficace, il faut avoir conscience de la culture de son organisation, reconnaître ses forces et ses faiblesses, et ce, afin de créer le milieu de travail le plus productif possible.

[1] A. Camus, Essais” Biblio. de la Pléiade, NRF, Gallimard, 1965, p. 843.


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