La dérive tactique en communication

Il est souvent périlleux pour un communicateur de limiter son intervention aux termes précis du « mandat » que lui confient les dirigeants.

Parce que ces derniers sont familiers avec les produits de la communication, ils ont tendance à exprimer leurs besoins en fonction de moyens spécifiques, comme un communiqué, une publication, un événement ou un site intranet, et non en fonction des objectifs à atteindre.

En d’autres termes, au lieu de faire part de leurs intentions profondes ou des objectifs fondamentaux, ils vont plutôt parler d’une solution tactique. L’écueil du dérapage tactique, c’est-à-dire la centration sur les moyens au lieu du résultat, guette ainsi constamment le communicateur : ses interventions risquent alors de simplement gonfler le bruit organisationnel, sans pour autant contribuer à réaliser le plan stratégique. Ce risque croît quand le facteur temps entre en jeu, et qu’il faut agir de toute urgence. Or, quand il y a urgence d’agir, il y a urgence d’agir de la bonne façon ! Un chirurgien qui intervient d’urgence ne doit pas pour autant donner un coup de scalpel à l’aveuglette. Le communicateur doit éviter de sombrer dans l’activisme pur et simple, et proposer qu’on respecte son obligation de penser avant d’agir !

Yves Chapleau


Pour aller plus loin:  Le courant triplex : manuel de stratégie en communication organisationnelle / Yves Chapleau ; Éditions Yvon Blais, 2015. — (Collection FidRisk).

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